Image_5ALFORTVILLE CONFLUENCE reçoit un billet d’un auditeur du Conseil municipal du 28 juin 2010, perception de ce qui est ressenti dans le public. Nous le publions avec plaisir.

Rouquet est plus pâle que d’habitude, dans une attitude de réserve, et ses interventions  n’ont pas la véhémence qui les ponctue généralement. La lecture matinale de France-Soir a dû lui causer quelque souci.

Au fur et à mesure du déroulement du conseil, une impression qui se renforce: le dernier message d’Homère aurait-il fait non seulement l’objet d’une lecture attentive mais, qui plus est, atteint les personnes décrites au point d’influer sur leur comportement ? Jugez-en.

Carvounas ne mange plus de bonbons à la guimauve. Santiago est présente. Et nous aurons droit à une intervention de chacun des élus UMP, tous présents. Pour ne pas dire grand chose, je vous en ferai donc grâce. Sauf pour un détail, lorsque la méconnaissance des dossiers a déclenché des rires, un élu attribuant le mérite d’une action à une municipalité UMP alors qu’il s’agit d’une opération de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris !!! Mais au moins, pour une fois à ce conseil, les UMP ont fait semblant.

Revenons aux “moments forts” du conseil, comme on dit dans le BMO.

Le vote du compte administratif tout d’abord.

Il s’agit simplement de valider les écritures comptables et il n’est pas d’usage, selon ce qui m’a été dit par des conseillers ayant roulé leur bosse, d’intervenir. C’est sans compter sur le nouveau conseiller PRG qui y voit un “acte politique fort”,  et surtout une occasion de montrer sa complète allégeance au maire. Il commence à tresser une couronne de lauriers à son nouveau champion, s’extasiant "d’économies" de quelques milliers d’euros, alors que chacun sait qu’il s’agit simplement de crédits non engagés.

Le spectacle est dans la salle, aussi bien parmi les conseillers que dans le public: tout le monde est tout d’abord interloqué, puis la stupéfaction fait rapidement place au rire. Mais comme le nouveau conseiller majoritaire tient absolument à s’enferrer dans des détails grotesques et à lire jusqu’au bout son papier, son intervention se termine dans la plus franche hilarité. Seul le maire a l’air gêné par cette brillante intervention, brillante étant le terme qui convient car ce fut du grand cirage de pompe ! Allant jusqu’au bout de la flagornerie, cet éloge conclut que le compte “donne l’exemple de la mise en place à Alfortville d’une gestion particulièrement rigoureuse”. N’est-ce pourtant pas le même homme qui, il n’y a encore pas si longtemps, dénonçait le copinage et les passe-droits ?

La construction d’une école dans la ZAC des Bords de Marne.

Catherine de Rasilly, favorable à cette réalisation, s’inquiète néanmoins de ses conséquences financières sur le bilan de l’opération et rappelle que le déficit était déjà chiffré par la Cour Régionale des Comptes à 2,5 millions d’euros... en 2007 ! Le maire adjoint chargé de la politique de la ville lui répond qu’il s’agit d’une réflexion préalable à une pré étude sur la possibilité d’envisager un diagnostic de faisabilité (j’exagère à peine). Pas de panique donc, quand on sait que “prochainement” signifie dans plusieurs années pour l’équipe majoritaire. Si c’est comme pour la piscine, il faudra au moins 3 mandats pour voir le projet aboutir...
Au passage, glanons une information intéressante: les bureaux de Nexity sont livrés, mais se heurtent à des difficultés de commercialisation...  En clair ils sont vides !

Abords du centre aquatique.

Dans le cadre de l’augmentation des dépenses somptuaires du centre aquatique, il est aujourd’hui ajouté une somme de 1,36 million d’euros pour traiter les abords. Et oui, chacun aurait pu croire que le montant cumulé (pour le moment) de 16,8 millions d’euros comprenait l’aménagement du terrain. Et bien non, cela s’arrêtait au pied de la construction... Et cette estimation de dépenses pour les abords est une... estimation dont on peut dire d’expériences qu’elle sera évaluée, reéavaluée, rereévaluée...

Il faut aussi élire les membres du jury du concours pour désigner le maître d’oeuvre de cette opération. La réglementation impose qu’un membre de l’opposition en fasse partie. Tout a été ficelé d’avance par la majorité qui dépose, comme cela est devenu une habitude depuis quelques temps, une liste UMPS.
Catherine de Rasilly propose alors sa candidature pour promouvoir un tour de rôle dans l’opposition. Elle s’adresse directement à Lucien Pambou (élu UMP) pour lui demander de mettre ses actes en rapport avec les écrits récents de son blog en faisant cette citation: “Il ne s’agit pas pour le parti de la majorité présidentielle de se comporter en monopole de la droite, mais en partenaire politique capable d’écouter les autres partis.”
Réponse visiblement très embarrassée du blogeur UMP qui déclare : “L’UMP n’est pas monolithique, je n’ai pas choisi”. Reconnaissance qu’il abandonne ces idées pour se plier à celles de son chef, le doigt sur la couture du pantalon. Ceci est suivi d’une attaque très agressive de Patrick Bedrossian contre Catherine de Rasilly. Cet autre élu UMP ne supporte pas que soit remis en cause le monopole dont il bénéficie grâce à la complicité active de la majorité de gauche : il invoque un problème de procédure qui tombe complètement à plat en raison de sa méconnaissance du dossier.
Conclusion de l’épisode: décidément le PS et l’UMP savent se rejoindre dans le déni de tout esprit démocratique... en tentant d’éliminer toute autre opinion. Il est vrai que donner les postes réservés à l’opposition à l’UMP est une manœuvre facile pour éviter à la majorité toute forme de contradiction ultérieure. Au passage, l’ex-Modem reçoit un lot de consolation: il est élu suppléant...

On a quand même bien rigolé à ce conseil : il aurait peut-être fallu en pleurer..