Jeudi en fin d'après-midi, une visite du chantier a été organisée par Monsieur le Maire. Il y avait convié quelques responsables d'associations sportives mais s'était bien gardé d'en informer les membres du Conseil municipal. Encore une de ses opérations de propagande en vase clos dont il a la spécialité. Sinon pourquoi ne pas y avoir convié aussi tous les élus ?

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La construction avance très rapidement pour une cause assez simple: les entreprises courent actuellement après le travail. Elles n'hésitent pas à mettre un sureffectif sur le chantier, voire à devancer le calendrier. C'est ainsi qu'on a pu constater la pose du bardage et des menuiseries extérieures, alors que la couverture n'était pas achevée. Les essais de mise en eau des bassins ont été effectués pour vérifier l'étanchéité du béton : contrôle positif.

Il existe pourtant un point d'inquiétude : le budget. Lors du Conseil municipal du 1er avril dernier, un avenant supplémentaire a été accepté pour un montant de 322 007,05 euros (soit 2,1 millions de francs). Le rapporteur a précisé que ces avenants restaient "dans la limite des aléas prévus".

André Brunel, Conseiller Municipal du groupe CONFLUENCE 2008, est alors intervenu pour faire le point sur le coût du centre aquatique. Il a rappelé les chiffres suivants, qui sont incontestables:

- en mai 2005, lorsqu'il a été décidé de lancer le projet, suite à la fermeture préfectorale de l'ancienne piscine, l'estimation du coût des travaux était de 11 millions d'euros (72,1 millions de francs),

- en septembre 2007, le coût avait été révisé à la somme de 12 millions d'euros (78,7 millions de francs),

- à l'issue du concours, l'estimation provisoire était d'un montant de 14,6 millions d'euros (95,8 millions de francs),

- à l'issue de l'appel d'offres, les marchés ont été signés pour un total de 16,2 millions d'euros (106,3 millions de francs),

- avec l'intégration des avenants proposés au Conseil, la note s'élève à 16,8 millions d'euros (110,2 millions de francs).

C'est donc bien, a indiqué le Conseiller Municipal, une augmentation de plus de 50 % par rapport au prix estimé à l'initiative du projet, prix en fonction duquel la décision de réalisation a été votée.

André Brunel a fait aussi remarquer que le chantier en était au stade de pose de la couverture et que bien des surprises pouvaient survenir lors de la réalisation des lots de second-oeuvre, plus techniques, donc beaucoup plus générateurs de mises au point que les lots de gros-oeuvre. Il a conclu son intervention en disant : "On peut logiquement être inquiet sur le coût de ce centre aquatique et sur le risque engendré sur les finances communales par ce dérapage continu."

Ceci n'a pas eu l'heur de plaire à Monsieur le Maire qui a exprimé sa vision personnelle des choses. Tout d'abord, en parlant de l'estimation initiale, il a indiqué que "à un moment donné, on discute et on prévoit des choses et après, le projet évolue". Autrement dit, les estimations données au Conseil municipal à l'époque du vote de la décision de mise en route du projet étaient... bidons !

Puis, il a fait un parallèle avec les projets de construction individuels en soutenant que "si vous-même, vous faites une construction à titre particulier, vous savez très bien, au moment de la réalisation, au moment de la consultation des architectes, après vous avez les entreprises". Imaginez la tête de votre banquier à qui vous demanderiez une rallonge de 50 % de votre budget de travaux alors que votre maison ne serait pas encore couverte...

Pour conclure, Monsieur le Maire s'est permis de qualifier l'intervention d'André Brunel de "démonstration qui ne tient pas la route" et de raisonnement "pas très sérieux".

Les Alfortvillais apprécieront la façon dont Monsieur le Maire "tient la route" et le "sérieux" du respect de ses budgets municipaux.