Un de nos lecteurs nous indique l'existence d'un dossier sur la gentification d'Alfortville. il s'agit d'un essai d'une élève de "Normal Sup - Département de géographie", Elise Braud. Vous pouvez le retrouver ici.

La quoi ??? La gentrification. Un détour par Wikipedia pour en sortir la définition que voici. La gentrification (de gentry, « petite noblesse » en anglais...) est un phénomène urbain d'embourgeoisement. C'est le processus par lequel le profil économique et social des habitants d'un quartier se transforme au profit exclusif d'une couche sociale supérieure.

Cet essai comprend 8 pages et donne un point de vue assez intéressant sur les modifications des catégories sociales à Alfortville. Une idée de base de cette étude s'attache au rapport entre la commune (habitants, mais aussi pouvoir politique municipal) et le fleuve. Assez justement, l'auteur montre que le fleuve, pourtant seul espace naturel, a longtemps été vécu comme une menace, dans le souvenir des inondations successives. Dans une forme de rejet, la ville a tourné le dos à la berge, les murettes anti crue, qui bloquent toute perspective sur l'eau, en étant un exemple, l'absence d'aménagement des berges, laissées à l'abandon, en étant un autre. Sur ce dernier point, nous extrayons de cette étude les illustrations suivantes des barges, montrant leur aménagement à Maisons-Alfort et leur abandon à Alfortville.

Image 8

L'étude prend pour hypothèse que l'arrivée de nouvelles populations, dans la mouvance actuelle d'attrait vers les espaces naturels, a été attirée par cet espace libre et non urbain. Cette demande nouvelle, portée par les nouveaux habitants, serait prise en compte par le pouvoir politique qui procèderait depuis quelques années à un début de mise en valeur et d'aménagement des berges.

Ceci est sans doute vrai mais réducteur. D'une part, le Plan local d'Urbanisme (PLU) ne contient aucune disposition ouvrant réellement la ville sur le fleuve. Bien au contraire, le PLU prévoit un front bâti de grande hauteur sur les quais, comme, par exemple, sur les Bords de Marne. D'autre part, cette gentrification (certains parlent de l'arrivée des bobos) s'explique surtout par le niveau insensé de prix de l'immobilier parisien qui a rejeté une clientèle désirant acquérir sur les constructions neuves ou les pavillons anciens d'Alfortville, et ce dans tous les secteurs, même les plus éloignés des berges.

Une gentrification à Alfortville, certainement. A cause de "l'attrait" des berges, partiellement.