Un de nos contributeurs nous adresse son analyse des résultats du premier tour des élections départementales 2015 sur le canton d'Alfortville. La voici.

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Loin des accusations diverses et avariées qui s'échangent en fin de campagne, il est plus profitable d'analyser calmement les résultats de ce premier tour des départementales afin de mesurer le poids électoral des tendances politiques sur Alfortville.

Et cela au travers des 3 derniers scrutins, même si chacun a sa spécificité : les municipales de mars 2014 (scrutin de liste), les européennes de mai 2014 (scrutin proportionnel) et enfin les départementales de dimanche dernier (binômes). Le nombre de bulletins exprimés étant très variable selon les scrutins (fort pour les municipales, faible pour les européennes et moyen pour les départementales), il semble plus approprié de raisonner en pourcentage des suffrages.

Premier bloc : Parti Socialiste- Verts et ses groupuscules satellitaires (*)

L'affirmation du Sénateur-maire d'une progression (de 41 à 44 %) par rapport aux cantonales 2008 et 2011 est quelque peu optimiste car les candidats socialistes de l'époque étaient opposés à une candidature des Verts, ce qui n'est pas le cas en 2015 avec une candidature commune, à laquelle s'ajoute l'apport de la liste Abdoulaye Diakité (score de 6,7 % aux municipales). Le résultat PS + Verts des cantonales précédentes est égal à 51 %. Le score de 44 % obtenu dimanche dernier est donc en net recul.

Deuxième bloc : UMP + UDI + Modem

L'apport du Modem (non présent aux municipales) permet une légère progression puisque le score passe de 20 à 23 % : il s'agit en fait d'une grande stabilité. Sans chef de file reconnu et actif depuis des années, ce bloc vit sur son « fonds de commerce ».

Troisième bloc : Front National

Présent depuis peu, ce parti progresse légèrement et parvient à réunir aujourd'hui 18 % des suffrages.

Quatrième bloc : Parti Communiste et extrême gauche

Au gré des différentes élections, le Parti Communiste se situe officiellement soit au sein de la majorité municipale, soit en opposition au Parti Socialiste en version « Front de Gauche pur et dur ». Les événements de ces derniers jours ne constituent ainsi qu'un bis repetita des années précédentes.

Ces alliances opportunistes à géométrie variable ne semblent guère du goût des électeurs puisque le score total de ce bloc se situe régulièrement aux alentours de 12 %, par un jeu de vases communicants quelle que soit la « stratégie » du PC. Dit autrement : quand il se rallie, le PC n'apporte rien à la majorité municipale. A noter que le bloc « plus gauche que moi, tu meurs » est passé de 1371 voix en mars 2014 à 1212 voix un an après. Vraiment pas de quoi justifier la mine réjouie des candidats PC lors de la proclamation des résultats. Dans ce bloc, le PC seul représente un petit peu plus de la moitié, soit de 6 à 7 % des suffrages exprimés.

Et Confluence dans tout cela ?

Ce groupe n'a été présent qu'à la dernière élection municipale au sein de l'équipe majoritaire et n'a pas participé à la campagne des départementales. Lors de ce scrutin et malgré « l'apport » de la liste de Abdoulaye Diakité, par l'intermédiaire de la suppléante Mina Sacko, le bloc PS-satellites a réuni 1331 voix de moins que l'union réalisée lors des municipales. Les électeurs manquants ne sont pas allés voter Front de Gauche, comme il a été dit ci-dessus. Ils se sont réfugiés dans l'abstention qui a progressé de 1816 voix.

Au vu de ces différents éléments, une estimation réaliste de l'électorat de Confluence peut être faite aux alentours de 1600 voix, soit environ 15 % des suffrages exprimés.

(*) A propos des groupuscules satellitaires

Le terme convient tant au PRG qu'au MDP et au MRC. Si les 2 derniers n'ont jamais eu de candidats et n'ont jamais pu être décomptés, le PRG a une seule fois fait l'objet d'une candidature autonome, lors des primaires socialistes en mai 2012. Résultat : 17 voix, soit 0,7 % des votants à cette primaire et 0,07 % des inscrits. Négligeable : négligeons.