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Billet d'humeur de Catherine de Rasilly

En 1848, les hommes obtenaient le droit de vote... Les femmes devront attendre presqu'un siècle pour l'acquérir ! Le 29 avril 1945,  les femmes votaient pour la première fois ! Il est important que leurs opinions soient considérées et prises en compte dans la gestion de nos institutions tant nationales que locales.

Capture d’écran 2015-04-30 à 11En 2015 cela est évident: c'est un droit acquis... un devoir aussi. Les femmes votent ! Les femmes s'expriment. Il ne viendrait à l'idée de personne de revenir dessus. Mais ce droit obtenu de longue lutte par nos grand-mères suffragettes est "relativement" récent à l'échelle de l'histoire de notre pays. D'Olympe de Gouges à George Sand en passant par Marie Curie ou Simone Veil, les femmes se sont toujours battues sans relâche pour l'égalité des droits civiques. En 2007, Ségolène Royal fut la première femme française à accéder au 2ème tour d'une élection présidentielle, battue par Nicolas Sarkozy, ne totalisant que 46,94 % des suffrages exprimés. En 2014, Anne Hidalgo devenait Maire de Paris.

Depuis, la loi sur la parité votée le 6 juin 2000 a permis et a fait rentrer dans les moeurs la participation active des femmes dans nos instances. (http://alfortvilleconf.canalblog.com/archives/2011/06/06/21331781.html)... J'avais déjà abordé ce sujet dans un billet d'humeur dans les colonnes de ce blog (http://alfortvilleconf.canalblog.com/archives/2014/03/07/29381939.html)

Il faut bien le constater: il aura cette fois encore fallu une loi pour que les femmes accèdent alors aux instances dirigeantes de notre pays ou plus modestement municipales, départementales, régionales à part égale ... Qu'elles impactent de leurs personnalités, sensibilités politiques et de leur bon sens le fonctionnement de nos institutions.

Le résultat est encore décevant sur le terrain de la politique: la France se classe à la 63e place, derrière le Bangladesh ou la Colombie. Globalement, la situation se détériore. Depuis l’année dernière, la France a dégringolé de neuf places dans ce classement.

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(Source: Compte Twitter de Mme Pascale.Boistard - Secrétaire d'État à la condition féminine)

Le magazine de France-info "Ladies & Gentlemen ou l'égalité des sexes au coeur de l'actualité", évoque ceci.

Il y a 32 ans, dans une interview au journal Le Monde daté du 11 mars 1983, Françoise Giroud disait, non sans intention provocatrice,  "La femme sera vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignera une femme incompétente."

En France, où l'on n'a que la chimère du mérite républicain à la bouche, on aime à réduire de telles mesures sous le vocable suspicieux de "quotas".

Aujourd'hui encore, certains se plaignent de "femmes pires que les mecs" dans l'entreprise ou dans la sphère politique ! Mais qu'est-ce à dire ? Cela résumerait-il l'état de la parité en 2015 ?

Ce qui semble inquiéter aussi, c'est qu'on nomme "des femmes pour des femmes", et que leurs mérites et qualités passent après leur identité de genre quand on décide de leur confier des responsabilités ou une charge politique.

Capture d’écran 2015-04-30 à 18Les propos tenus par Françoise Giroud, féministe militante, plus de 32 ans après, sont toujours d'actualité !

"Et bien non, les femmes ne sont pas là pour incarner partout où elles vont et dans tout ce qu'elles font la féminité telle que la perception stéréotypée de leur genre le suppose. Non, elles ne sont pas là pour exercer le pouvoir autrement ni pour  transformer toutes seules les organisations et combattre les discriminations et le sexisme, ce qui est aussi l'affaire des hommes, l'affaire de tous, en somme.

Non, elles n'ont pas à être meilleures que les hommes pour accéder aux mêmes responsabilités qu'eux. Non, elles ne sont pas obligées d'être parfaites en toute heure et en tout lieu pour se faire pardonner d'avoir de l'ambition.

Oui, elles ont le droit d'avoir, comme les hommes, parfois des carences et de faire occasionnellement des erreurs. Oui, placer quelqu'un à une fonction élevée, c'est toujours prendre un risque, celui que cette personne ne soit pas à la hauteur, qu'elle ne soit pas à sa place, qu'elle ne réussisse pas la mission.

Ce risque est le même que l'on mise sur le potentiel d'un homme ou d'une femme au moment de sa nomination. L'échec n'est pas plus signifiant si c'est celui d'un homme ou celui d'une femme. L'échec d'une femme dans une situation donnée ne met pas en cause sa capacité à réussir dans d'autres situations. L'échec d'une femme en particulier ne met pas en cause la capacité des autres femmes à réussir.

L'égalité d'accès des femmes et des hommes aux responsabilités et aux instances de décisions est une question de principe. La conditionner à des exigences de compétence supérieures pour un genre est fondamentalement injuste. C'est décourager des personnes de talent et se priver d'énergies dont on a un besoin crucial pour renouer avec la performance et le progrès".

Élue à Alfortville depuis 2001, Conseillère Municipale puis désormais Adjointe au Maire en charge de la Politique de la Ville, j'ai toujours eu à coeur d'exprimer et de faire avancer mes idées, de porter les dossiers qui m'étaient confiés. Forte de mes convictions, inscrite dans une démarche constructive, je ne me sens jamais seulement "Femme" mais citoyenne à part entière, active, responsable, engagée et intégrée dans la sphère municipale et associative d'Alfortville. Je pense qu'associer des femmes au travail d'une équipe municipale notamment est un atout, que l'analyse et l'approche féminine des dossiers est un plus dont la collectivité aurait tort de se priver !

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