Le principal point de ce Conseil Municipal était le débat d'orientation budgétaire.

Image_49Voici l'intervention qui a été faite lors de cette séance par Catherine de Rasilly, Conseillère Municipale, pour la liste "CONFLUENCE 2008".

Monsieur le Maire,

Cette année encore,  comment pourrions-nous avaliser vos orientations budgétaires, puisque, cette année encore, nous avons été écartés de toutes vos réflexions concernant la politique budgétaire de la ville, alors que nous lisons en page 8, du Débat d’Orientation Budgétaire rédigé par votre groupe et remis aux Conseillers Municipaux pour ce Conseil  que, je cite: “Pour la deuxième année, les principales associations (elles) ont fait l’objet d’une étude et d’une rencontre dans le cadre de la préparation du budget de la ville afin que soient approchés leurs besoins avec de plus en plus de finesse, dans un souci permanent de bonne gestion”.   Pour une enveloppe de 2,3 millions d’euros...

Bonne gestion, dites-vous ! Ou opacité favorisant le clientélisme, Monsieur le Maire ?

Pas plus que nous n’avons été consultés pour les tarifs du centre aquatique prétendument soumis à l’approbation du dernier Conseil Municipal le 16 janvier, alors que les plaquettes étaient déjà imprimées et prêtes à être distribuées dès le lendemain matin 7 heures. Nous le savions, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’avions pas pris part à ce simulacre de vote !
Tout comme nous avons été systématiquement écartés des jurys de concours d’architectes et d’aménagement de l’espace vert autour du centre aquatique, et de tous les autres projets dans la ville...

Alors, ce soir, pourquoi ce simulacre de débat d’orientation budgétaire alors que bien des dépenses sont d'ores et déjà engagées, avant même le vote du budget primitif dans un mois ? Est-ce pour répondre à une simple obligation légale ?

Force est de constater que les Conseils Municipaux à Alfortville ne sont, hélas, plus qu’une chambre d’enregistrement sans réel débat démocratique. Sans aucune prise en compte des propositions des courants n’appartenant pas à votre groupe ! En tout état de cause, vous ignorez ainsi les 48 % d’électeurs ayant apporté en mars 2008 leurs suffrages à des listes d’opposition et dont les priorités ne sont pas forcément les mêmes que les vôtres !

Nous entendons bien ce que vous nous dites, et c’est une constante depuis plusieurs années maintenant : vos orientations budgétaires sont ce qu’elles sont par la seule faute des pouvoirs publics et du Gouvernement !

Certes, vous évoquez, et là nous vous en donnons acte, d’une part, l’augmentation des fluides / énergie (dont l’enveloppe globale à budgéter représente plus d’ 1,5 Millions d’euros), d'autre part, le gel des dotations de l’État  qui fait peser des  charges supplémentaires sur les collectivités et qui ne facilitent pas l’exercice. Mais le manque de transparence, l’opacité et la politique du secret (dans tous les domaines d’ailleurs) qui sont les maîtres mots dans votre façon de gérer la ville nous contraint à imaginer le pire en matière budgétaire !

Vous vous glorifiez de l’étude réalisée par le journal “Challenges” dont beaucoup de spécialistes économiques reconnaissent que les critères étudiés sont contestables et bien éloignés d’une analyse fiable en terme de gestion analytique.

Bref, cette année encore, vous êtes satisfait de vous-même, alors que, sans l’admettre bien sûr, vous nous donnez raison sur des remarques que nous formulons maintenant depuis 10 ans, sur le manque crucial d’écoles et de squares dans le nord de la ville. Vous nous annoncez d’autres projets sans jamais en chiffrer le coût , de nouveaux espaces verts, la rénovation de la voirie dans le périmètre de l’ANRU, la modernisation de l’Hôtel de ville, comme chaque année !

Le D.O.B est l’occasion de l’apparition de nombreux serpents de mer qui pointent la tête puis disparaissent jusqu’à l’année suivante !

Bref, cet exposé reste littéraire car peu ou pas chiffré. Il ressemble davantage à un plaquette électorale qu’à un réel projet de gestion pour Alfortville.

L’art de vivre ensemble, Monsieur le Maire, c’est aussi de considérer que ceux qui payent des impôts locaux, c’est-à-dire la taxe d’habitation et/ou la taxe foncière qui représentaient en 2010 46,7 %  des recettes de la ville, ne souhaitent probablement pas voir leurs impôts augmenter.
Or, pour 2011, le coefficient de revalorisation sera de 1,02. Ce qui signifie une revalorisation de 2% à ajouter à l’augmentation  des taux. Votre information à ce sujet se borne à dire en page 15 : “La commune d’Alfortville entend conforter toujours davantage la maîtrise de ces fondamentaux financiers”. Un galimatias sans doute annonciateur du pire !

En raison de la réforme de la Taxe Professionnelle , vous nous annoncez que votre seule variable d’ajustement semble bien être cette année encore de voter des recettes fiscales pour couvrir les dépenses, sans réel effort d’économies.

Nous aurions pourtant bien des propositions à vous faire mais votre porte reste close à tout débat et à toute concertation démocratique. Vous croyez toujours avoir raison tout seul. Vous pourriez enrichir vos réflexions des différences de votre opposition.

Au niveau national, vous prônez la diversité .
Au niveau communal, vous êtes dans le repli identitaire de vos dogmes politiciens.

Je vous remercie de votre attention.

Catherine de Rasilly


Dans sa réponse, Monsieur le Maire a qualifié cette intervention de "dénigrement systématique", sans opposer un seul argument. Et pourtant Monsieur Rouquet serait bien en peine de donner UN SEUL exemple d'une action dans laquelle il a associé le groupe "Confluence 2008" depuis le début de la mandature. Sans doute ne connait-il pas le sens du mot "dénigrement", qui doit signifier pour lui des observations ou des propositions qu'il ne veut pas écouter.

Il est à préciser que sur les 15 points de ce Conseil soumis aux votes, le groupe "Confluence 2008" a émis un vote favorable sur 14 points et s'est abstenu sur un point, concernant le bilan financier de la ZAC Bords de Marne qui laisse apparaître un déficit de 1,5 million d'euros à la charge de la ville.

Aucun vote "contre" : drôle de "dénigrement systématique", en effet ...