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d'après Gustave Doré

Ca y est, l'Ogre a avalé les deux nains : nous voulons dire par là que Créteil a fait main basse sur Alfortville et Limeil-Brévannes.

Dans un message du 29 avril 2006, ALFORTVILLE CONFLUENCE avait déjà évoqué cette main mise, qui était visible pour tous ceux qui observaient la situation et les agissements du Maire de Créteil. Ce n'était le cas ni du Maire d'Alfortville, ni de celui de Limeil-Brévannes, d'un aveuglement complet et d'une inaction totale.

Dans un message en date du 29 février 2008, le site de la liste CONFLUENCE 2008 faisait état des dernières manoeuvres de Monsieur Cathala, Maire de Créteil, Président à vie de l'Agglo, pour s'emparer de la totalité du pouvoir. Nous le reproduisons ci-dessous.

LA COMMUNAUTÉ D'AGGLOMÉRATION
Les derniers secrets de Polichinelle

Et pendant ce temps-là à Créteil, au sein du cabinet de Laurent Cathala (pas celui de la Communauté d’Agglomération de Plaine centrale, cabinet fantôme sans pouvoir, mais celui de la ville), les grandes manœuvres battent leur plein. Le directeur général des services, Francis Pintiau, malgré ses bons et loyaux services, vient d’être débarqué, pour être remplacé, à partir du 2 mai 2008, par Michel Camy-Perret. Car Laurent Cathala raisonne pour le poste de président de l'Agglo comme René Rouquet pour le poste de maire d'Alfortville: il anticipe le résultat des élections et prend des décisions importantes qui ne seront effectives qu'après le vote. Quel mépris pour les électeurs !

La mission de Michel Camy-Perret, homme à poigne, très proche de Laurent Cathala, est en effet de mettre en place, à court terme, une tête unique pour la ville de Créteil et la Communauté d’Agglomération. Michel Camy-Perret reprendra donc aussi prochainement les fonctions du DGS de l’Agglomération. Les ressources humaines, les services techniques et les finances pourraient également être «mutualisées» rapidement.

Si le moteur de Laurent Cathala était le gain de quelques salaires ou s’il était gêné par les postes qui doublonnent, cela se saurait: ce n'est pas un hasard si l'Agglo avec ses 750 postes est la plus grosse de France... en effectif.


Sous couvert d’économie et d’efficacité, l’objectif de la «mutualisation» est une mainmise totale de Créteil sur l’Agglo. A ce stade, la notion d’intérêt communautaire, qui n’était d’ailleurs pas respectée, ne sera plus qu’un concept très abstrait, à mille lieues de la réalité.

Le drame de la Communauté d’Agglomération, c’est que, malgré son budget pharaonique (130 millions d’euros – dont 90 consacrés à son simple fonctionnement - contre 72 millions pour la commune d’Alfortville – dont 13 affectés au projet de piscine…), personne ne la connait et ne sait véritablement ce qu’elle fait. Beaucoup d'Alfortvillais n’en soupçonnent même pas l’existence.

C’est pourtant à l'Agglo que se décide (ou plutôt que devrait se décider) une grande partie de l’avenir de notre ville (développement économique, propreté urbaine, transport, voirie «d’intérêt communautaire », etc.). On en est très loin pour l’instant…

René Rouquet n'a pas fait pas grand-chose pour corriger le tir, à part se rendre compte, à 20 jours des élections, 7 ans après avoir transféré les compétences de nettoyage à l’Agglo, que les rues d’Alfortville sont sales… Il est vrai que l’Agglo offre des places confortables et les indemnités de mandat sont plutôt généreuses. Le programme de notre maire sortant - candidat n’envisage d’ailleurs aucun changement à ce sujet: en 32 pages de plaquette, pas une fois le mot Agglo n'est écrit !
(fin de l'extrait du message de CONFLUENCE 2008)

Ces informations étaient exactes, puisque le bulletin de l'Agglo, Plaine centrale, vient de confirmer en page 8 du numéro d'octobre 2008, la nomination de Michel Camy-Peyret, comme Directeur Général des Services de l'Agglo et comme Directeur Général des Services de la ville de Créteil. Ce que ne vous dit pas l'article, c'est que le bureau du nouveau promu est situé ... dans l'hôtel de ville de Créteil, à deux pas de celui de Monsieur Cathala. Bref les services de l'Agglo ont le sort que leur président veut bien leur laisser: ceux de services secondaires dans un bâtiment annexe très éloigné du centre du pouvoir.

Cela pourrait paraître anecdotique: cela ne l'est pas. Pour prendre une image, c'est exactement comme si la Chancelière allemande, Angela Merkel, prenait la direction de l'ensemble des services de la Communauté Européenne et administrait tout cela de Berlin, en imposant ses décisions aux Français dans tous les domaines de compétence européens. Avec une Assemblée Européenne composée à moitié d'Allemands et dont 93 % des membres auraient la même tendance politique...

Mais déjà le deuxième acte est en train de se jouer: la ville de Créteil lance le recrutement de son Directeur Général chargé des Finances, qui sera aussi, vous l'avez deviné, le Directeur Général chargé des Finances de l'Agglo. C'est comme si le Ministre fédéral allemand des Finances devenait le Commissaire Européen chargé de la programmation financière et du budget.

Qui peut croire que la tentation de quelques transferts d'un budget à un autre ne soit pas grande ? En clair, que Créteil s'avise que certaines de ses propres dépenses sont "communautaires" ?

Et ces deux premiers recrutements à double fonction, abrités derrière l'appellation fumeuse de "mutualisation", ne sont-ils pas les signes annonciateurs de la suite, à savoir l'intégration à terme de l'ensemble des services de l'Agglo dans ceux de la ville de Créteil ?

Sur Alfortville, un problème de politique d'habitat, de nettoyage des rues, de circulation douce, de politique culturelle, de développement économique ? Adressez-vous à l'hôtel de ville de Créteil : c'est là que la décision est maintenant prise  !

Devant une telle dérive, qu'a fait Monsieur Rouquet ? Rien. Son rôle est réduit à celui d'un fantoche. Guère étonnant: dans son programme électoral étalé sur les 32 pages de sa luxueuse plaquette, il n'y a pas un mot sur l'Agglo. Tout ceci lui passe très largement au-dessus de la tête.

Certains de nos lecteurs, élus municipaux majoritaires, vont encore penser que nous exagérons. Qu'il se remémore un évènement encore tout proche: le 07 octobre dernier, la décision de priver les enfants alfortvillais de cantine scolaire a été prise à Créteil... et pas ailleurs !