CLe mot de Catherine de Rasilly

En cette période estivale, beaucoup d'entre nous, petits et grands, se remettent au vélo ou à la marche à pieds. "C'est bon pour la planète", c'est bon pour la ligne et c'est bon pour la santé comme l'indique une étude de l'INSERM...

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A Alfortville, ce devrait être, en plus, bon pour le stationnement, mais les rateliers à vélos sont rares dans notre ville. Impossible d'intervenir à ce sujet en Conseil municipal puisqu'il s'agit d'une compétence de l'AGGLO...

C'est le plus rapide, le plus fûté ou le plus chanceux qui pourra accrocher son deux roues à un providentiel poteau ou réverbère, voire même à un des rares arbres devant la médiathèque, où, hélas, aucun aménagement n'a été prévu alors que beaucoup d'adolescents s'y rendent... en vélo.

Lors du Conseil Municipal du 26 juin 2008, une délibération a été adoptée pour la suppression d'une circulation douce dans le secteur nord de la ville, privant les piétons d'une traversée pédestre entre les rues de Seine et Jean Colly. Je m'en suis inquiétée en faisant l'intervention suivante lors de cette séance.

"Décidément, Monsieur le Maire, vos mandats se suivent et se ressemblent, en pire. Vous nous en donnez encore un exemple aujourd'hui au sujet des circulations douces à Alfortville.

Dans le POS que vous aviez établi en 1995, il était prévu une liaison piétons depuis la rue de Seine jusqu'à la rue Louis Blanc. Lors de votre mandat précédent, vous avez vendu les terrains communaux de la salle Voltaire et autorisé le promoteur privé acquéreur à ne pas réaliser cette circulation douce.
Lors de votre mandat précédent, vous avez supprimé la piste cyclable prévue boulevard Carnot car vous l'estimiez « dangereuse ». Cela ne s'invente pas.

Aujourd'hui, vous proposez au Conseil de supprimer à nouveau une des dernières circulations douces restantes dans le nord de la ville entre la rue de Seine et la rue Jean Colly.

Pourtant, il y a 3 mois, vous avez pris des engagements devant les Alfortvillais: 30 exactement.
Je dois donc vous rappeler votre engagement n° 4: « rendre la ville aux piétons ».
Et le n° 25: « favoriser le développement des modes de transport non polluants », la marche à pied me paraît en faire partie.
Et le n° 26: « développer la concertation avec tous les habitants et les associations de façon systématique durant le mandat ».

Cette suppression de voie piétonnière n'a fait l'objet d'aucune consultation. Vous n'avez même pas sollicité  l'avis de la commission Circulation-Stationnement, dont vous vous glorifiez dans chaque BMO, en la revendiquant comme un exemple de démocratie participative.
Mais à quoi sert-elle si vous ne la consultez pas à propos de sujets qui la concernent au premier chef et si vous prenez des décisions irrévocables, alors même qu'elle n'a pas eu le temps de faire la moindre proposition ? Cette façon d'agir tend à prouver que cette commission n'a aucune valeur à vos yeux et n'est là que pour faire croire à un simulacre de démocratie locale.

Vous nous aviez habitué, depuis 20 ans, à ne pas tenir vos promesses électorales. Ah, cette nouvelle piscine promise à chaque élection depuis 3 mandats... et dont nous sommes toujours aujourd'hui sans nouvelles. Pour combien de temps encore ?

Mais aujourd'hui, ce ne sont plus des promesses non tenues, mais des engagements devenus mensonges délibérés puisque vous faites, quelques semaines seulement après votre réélection, exactement l'inverse de ce que vous avez écrit dans votre programme: vous supprimez des voies piétons.

Je conçois parfaitement qu'il puisse exister des problèmes induits par le passage dont nous parlons
aujourd'hui: il faut les étudier et les résoudre, sauf à se résoudre à transformer chaque pâté de maison en bunker. Serait-ce cela « l'art de vivre ensemble » que vous avez promis ?

Je voterai donc contre cette délibération et j'invite tous mes collègues à en faire de même car il en va de la défense de l'écologie dans notre ville, défense qui doit faire l'objet de toutes les attentions, même pour une voie piétonnière."

En réponse, Monsieur Luc Carvounas a indiqué que, dans le cadre d'une relation partenariale avec le bailleur social supportant la servitude de passage, cette suppression avait été décidée "il y a bien longtemps" car il s'agissait d'une "aberration architecturale" (sic !). J'observe que la majorité municipale dont il était déjà maire adjoint, est responsable de cette aberration puisqu'elle a été commise lors du mandat précédent. Pour supprimer l'aberration, la majorité veut donc supprimer le passage. Application du principe: "Vous avez mal au doigt, coupez-vous la main !".

En conséquence, Monsieur Luc Carvounas considère que supprimer une voie piétons n'est pas contraire à l'engagement n° 4 de son programme électoral: "rendre le ville aux piétons".

Il a aussi affirmé que cela "n'a rien à voir avec ce que vous avez dit sur les plans de circulation: je fais attention à ce que je dis parce que je vais retrouver mes propos sur votre blog encore une fois." Donc, en faisant attention à ce qu'il dit, Monsieur Carvounas déclare qu'une circulation douce n'a rien à voir avec les plans de circulation. Je reste curieuse de savoir ce qu'il pourrait dire sans réfléchir...

Défendre l'indéfendable est un exercice périlleux dans lequel chacun peut se perdre...

Lors du vote, mon plaidoyer pour les circulations douces et l'écologie n'a guère trouvé d'écho. L'UMP et le Modem ont joint leurs voix à la majorité PS-PC-"Verts" pour approuver cette suppression. Seuls les élus de CONFLUENCE 2008 ont voté contre cette décision. Doit-on en déduire que ce sont les seuls membres du Conseil Municipal à être encore concernés par l'écologie à Alfortville ?